Le gui n ' est pas un parasite , mais un semi-parasite . S ' il puise de l 'eau chez son hôte à l ' aide de suçoirs , il lui transmet des matières nutritives . Il le respecte donc , à condition de ne pas proliférer . Dans ce cas , il provoque la mort de l ' arbre et , après être resté longtemps vert , la sienne . On le retrouve en hauteur et sur certains arbres , poirier , saule , tilleul , sorbier ou encore bouleau , mais surtout sur le pommier et le peuplier . Seul le hêtre échappe à cette plante . Connu depuis longtemps pour ses propriétés médicinales , le gui possède aussi une portée symbolique et sacrée . Opérant sa propre photosynthèse , dépourvu de racines , il est semper vivens , " toujours vert " , même les baies qui blanchissent en octobre pour donner des fruits visqueux qui peuvent rester en place vingt mois . Poussant très lentement , il ne laisse pas de trace de sa croissance , de sorte qu ' il n ' est pas possible de le dater à partir de son tronc central . En revanche , les ramifications permettent de situer son âge entre 50 et 70 ans en moyenne . Car il est autonome et se fiche des saisons . Il possède son propre rythme : entre l ' apparition de la fleur et la maturité du fruit , il se passe près de trente mois . De plus , son mode de reproduction est original : des oiseaux ( grives , pigeons , fauvettes ) avalent tout rond les fruits et les digèrent , ou bien en déposent les graines pour se régaler de l ' intérieur . Ainsi délaissé ou protégé par l ' enveloppe du fruit et rejeté avec les excréments , cet embryon de gui peut se fixer et germer . A condition de ne pas être dévoré par d ' autres oiseaux comme la mésange bleue . Ces particularités , le fait que les baies mûrissent neuf mois ( temps de gestation humaine ) , la présence des fruits blancs et de feuilles nouvelles aux reflets dorés fin décembre et d ' autres caractéristiques en font un symbole de la vie , , de la régénération et , par extention , de l ' immortalité , dont celle de l ' âme .
Enfin , contrairement aux idées reçues , le chêne n ' est pas son arbre de prédilection . L ' association des deux végétaux est plutôt rare . Une rareté qui , ajoutée à celle de la plante elle-même, explique en grande partie le caractère sacré du gui de chêne auprès de la plupart des peuples anciens d ' Europe . Le gui du chêne , arbre de puissance , procurait au combattant qui le portait une quasi-invulnérabilité . Mais c ' est au près des celtes que ce gui particulier prend une dimension quasi historique .
LE TRESOR DES CELTES
Pline ( Histoire naturelle , XXIV , 6 ) signale que certains peuples cueillent le gui qui , capable de tout guérir , vient du rouvre , une espèce de chêne . Il faut le récolter à chaque début de cycle lunaire , sans recourir à des outils en fer . Mais Pline ne précise pas qui sont ces peuples . En revanche , il évoque ce remède universel à propos des Celtes de Gaule ( XVI , 95 ) :
Il ne faut pas oublier à propos du gui l ' admiration que les gaulois ont pour cette plante . Aux yeux des Druides ( c ' est ainsi qu ' ils appellent leurs mages ) rien n ' est plus sacré que le gui et l ' arbre qui le porte , si toutefois c ' est un rouvre . Le rouvre est déjà par lui-même l ' arbre dont ils font les bois sacrés ; ils n ' accomplissent aucune cérémonie religieuse sans le feuillage de cet arbre . Tout gui venant sur le rouvre est regardé comme venant du ciel : ils pensent que c ' est un signe de l ' élection que le dieu même a faite à l ' arbre . Le gui sur le rouvre est extrêmement rare , et quand on en trouve , on le cueille avec un très grand appareil religieux . Avant tout , il faut que ce soit le sixième jour de la lune , jour qui est le commencement de leurs mois , de leurs années et de leurs siècles , qui durent trente ans : jour auquel l ' astre , sans être au milieu de son cours , est déjà dans toute sa force .
Ils l ' appellent d ' un nom qui signifie remède universel . Ayant préparé selon les rites , sous l ' arbre , des sacrifices et un repas , ils font approcher deux taureaux de couleur blanche , dont les cornes sont attachées alors pour la première fois . Un prêtre vêtu de blanc , monte sur l ' arbre , et coupe le gui avec une serpe d ' or ; on le reçoit sur une saie blanche ; puis on immole les victimes , en priant que le dieu rende le don qu ' il fait propice à ceux auxquels il l ' accorde . On croit que le gui pris en boisson donne la fécondité à tout animal stérile , et qu ' il est un remède contre tous les poisons .
En effet , le gui était appelé tout simplement " panacée " en irlandais ( utile i ceadh ) et en gallois ( oll-iach ) . De plus , poussant en hauteur , et donc semblant venir du ciel , il était indéniablement " un signe de l ' élection que le dieu même a faite à l ' arbre " , à l ' instar du liquide blanchâtre s ' échappant de ses fruits et évoquant le sperme .



Je suis fille de notre Mère la Terre pour qui j ' éprouve un amour et un respect profond depuis toujours ! Il y a quelques mois , j ' ai décidé de choisir le chamanisme comme voie
de développement personnel et spirituel car je pense que c ' est celle qui correspond le mieux à ce que je suis , à ce que j ' éprouve , à ce que j ' attend . J ' ai un autre blog ” Rêve de
Terre ” où je consigne tous les articles qui m ' aident dans mon cheminement mais sur ” Rêve d ' Ysambrume ” , je souhaite explorer la spiritualité qui correspond à mes racines
celtiques , le Druidisme .
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